La dynastie des maîtres de chai LOUIS XIII
La dynastie des maîtres de chai LOUIS XIII

La dynastie des maîtres de chai LOUIS XIII

Novembre 2019

Depuis 1874, sept maîtres de chai se sont succédé pour créer le cognac LOUIS XIII, chacun transmettant à son successeur le savoir-faire unique acquis et cultivé au fil du temps. Nous avons réuni le maître de chai actuel, Baptiste Loiseau, et trois de ses prédécesseurs : Pierrette Trichet, Georges Clot et André Giraud, leur offrant ainsi l’occasion de parler de leur métier, de l’importance du temps et de la transmission des connaissances, ainsi que de la raison pour laquelle le maître de chai LOUIS XIII doit puiser dans le patrimoine de marque tout en regardant l'avenir. Les maîtres de chai ont conscience qu’ils n’auront pas la chance d’apprécier le fruit de leurs efforts, mais tous sont un maillon essentiel de la chaîne humaine et œuvrent pour transmettre l’héritage qui garantit la pérennité de LOUIS XIII.


« Aujourd’hui, je sélectionne nos meilleures eaux-de-vie que je laisse en héritage à mes successeurs pour le siècle à venir. » Baptiste Loiseau


« Le maître de chai est le garant de nos chais et de leur contenu », rappelle André Giraud. Mais, comme le souligne justement Georges Clot, « l’apprentissage du métier de maître de chai n’est pas académique ; il n’existe pas d’école, pas de livres pour cela. Mon rôle, au départ, consistait à assimiler les connaissances d’André, et ce qu’il m’a transmis, c’est sa passion ».


Pour Baptiste Loiseau, maître de chai actuel et détenteur d’une formation scientifique, il s’agissait d’apprendre à insuffler de l’émotion à son métier. « Pierrette m’a dit : "Tu dois laisser la science de côté et laisser tes émotions s’exprimer... Si tu veux apprendre, tu dois comprendre l’essence des arômes des raisins et du vin, mais tu dois aussi rester à mes côtés dans la salle de dégustation pour t’approprier le style de la Maison" », se rappelle-t-il.


Ce qui se passe en salle de dégustation est une expérience très spéciale pour Pierrette. « Entre novembre et mars, c’est la période de dégustation, et c’est là où le maître de chai doit être absolument visionnaire », explique-t-elle. « Nous avons tous ressenti cette poussée d’adrénaline, ce moment de joie immense, lorsqu’on découvre une eau-de-vie pour notre sélection. »


Baptiste Loiseau acquiesce : « Lorsque l’on entre dans la salle de dégustation, on ne sait pas si l’on va trouver une ou plusieurs eaux-de-vie pour LOUIS XIII, ou aucune. On ne sait jamais ce qui va nous séduire. »

Dynasty of cellar Master
Dynasty of cellar Master


S’inquiète-t-il de voir le changement climatique et ses conséquences sur les matières premières rendre le travail du maître de chai plus difficile ? « Nous parlons beaucoup des défis environnementaux », confie-t-il. « Mais cela a aussi été le cas pour André, Georges et Pierrette avant moi. En associant approche scientifique et émotions humaines, ils sont parvenus à maintenir une certaine constance. Nous avons le temps et l’expertise en notre faveur. Pour moi, il ne fait aucun doute que LOUIS XIII restera LOUIS XIII et nous sommes parfaitement armés pour garantir cette constance dans l’excellence. »


Bien que les techniques et les systèmes aient naturellement évolué et se soient développés au fil des années, certaines choses se perpétuent. « S’il y a bien une chose qui n’a pas beaucoup changé depuis l’époque d’André, c’est l’assemblage », constate Pierrette Trichet. « Pour moi, ça a toujours été un merveilleux moment de création. Cet instant où l’on assemble toutes les eaux-de-vie pour créer LOUIS XIII, des eaux-de-vie qui ont été sélectionnées à un moment donné par nos prédécesseurs. »

Vineyard in Cognac
Vineyard in Cognac

André Giraud, qui compte justement parmi ces prédécesseurs, comprend cette relation unique qui lie LOUIS XIII au temps. « C’est le temps qui permet à une eau-de-vie de révéler toute sa puissance », confie-t-il. Et Georges Clot de confirmer : « Eu égard au temps que nous avons tous passé à développer ces eaux-de-vie durant toutes ces décennies, le cognac LOUIS XIII doit être dégusté en prenant son temps, car il a fallu beaucoup de patience pour le créer. » 

Accepter que l’on ne goûtera sans doute jamais le fruit de ses efforts doit être difficile pour un maître de chai. « J’ai cet héritage entre les mains aujourd’hui, dont je sais que je ne verrai pas la finalité », reconnaît Baptiste Loiseau. Pierrette Trichet résume cela en quelques mots : « J’ai souvent dit qu’un maître de chai ne faisait que passer ; il sert de relais. Mais entre-temps, il veille au vieillissement avec patience et passion car il sait qu’il faut du temps pour créer un produit d’exception comme LOUIS XIII. »